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Rapports après rapports, la France se meurt.

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images9Rapports après rapports, la France au pied du mur

 

La propension des gouvernants à enterrer les rapports qu’ils commandent est une spécialité française à la fois symptomatique et inquiétante.

 

 

 

La prise de distance de plusieurs membres du gouvernement avec le rapport de Louis Gallois sur la compétitivité qui n’est même pas encore rendu public ressemble à celle que le gouvernement Fillon avait opérée début 2008 avec le rapport de Jacques Attali sur les freins à la croissance.

Dans les deux cas il s’agit pourtant de sujets cruciaux qui touchent au rang de la France dans le monde, à sa capacité à créer une croissance suffisante pour financer son modèle social, à l’obligation qu’elle a de redresser ses comptes extérieurs face à une Allemagne toute puissante.

Dans les deux cas, le sujet avait été mal ou insuffisamment posé durant la campagne présidentielle si bien que personne ne se l’est vraiment approprié, ni la majorité appelée à gouverner, ni les électeurs qui la soutiennent, ni les partenaires sociaux voués à être consultés voire associés.

L’appel à une personnalité extérieure sitôt passée l’élection, vise à combler ce vice de forme, autrement dit à susciter une prise de conscience dans l’opinion et à favoriser la prise de décision politique.

Et cependant on ne voit rien de vraiment nouveau dans ces rapports qui remettent sur le devant de la scène des sujets récurrents tels que le poids des charges sociales qui grèvent le coût du travail, le manque de concurrence dans les services, l’excès de protection qui entoure certaines professions.

Le mal français ne date pas d’aujourd’hui. Mais comme il s’agit de réformes lourdes qui heurtent les habitudes, entraînent des transferts de charges importants d’un acteur économique à l’autre, on voit aussitôt les politiques se tortiller sur leur chaise, rappeler que c’est eux qui décident et dans un vif soulagement  ne retenir qu’une petite once de la potion préconisée par l’expert en espérant que cela suffira à guérir le malade.

De tous les arguments employés par le gouvernement Fillon puis par le gouvernement Ayrault pour repousser le traitement de choc, on en retiendra un : la France ne peut pas se réformer sans croissance. C’est à la fois trop douloureux socialement et trop pénalisant économiquement .

C’est en vertu de ce principe que Nicolas Sarkozy, à peine élu en 2007, était allé expliquer à Bruxelles qu’il ne respecterait pas l’objectif de réduction des déficits à 3 % du PIB car il lui fallait impérativement de l’argent pour réformer. Cinq ans plus tard, la France ne peut plus s’autoriser ce genre de fantaisie : elle doit réduire son déficit sous la double tutelle de l’Allemagne et des marchés financiers sans avoir pour autant résolu ses problèmes structurels. Elle est au pied du mur.

 

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