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le système Libéral

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 Libéralisme économique est : Une politique (l'application du libéralisme au domaine de l'économie). Une théorie économique (qui cherche à définir les meilleures règles pratiques qui correspondent aux principes libéraux, et qui étudie leur application, généralement en tentant de prouver qu'elle donne le meilleur résultat économiquement possible :ce qui n'implique pas que l'économie fonctionne aussi bien qu'on puisse le rêver).

 

En tant que politique, c'est un système libéral, et donc souple :

Les contraintes qu'il impose sont minimales et les formes compatibles sont variées. Ainsi, contrairement à une idée fréquente, le libéralisme économique n'impose pas une économie monétaire, et encore moins une économie avec un seul critère (qu'on assimile souvent à « l'argent-roi »). 

Tout est possible, chaque système (système monétaire, troc, système d'échanges locaux, et même communisme, etc.) se développant en fonction de l'intérêt qu'y trouvent les gens.

Toutefois, dans les régimes (relativement) libéraux domine toujours en pratique une forme d'économie monétaire et fortement capitalistique, qu'on assimile souvent au « libéralisme économique » pour cette raison, et qui est le principal sujet d'étude économique.Principes généraux :

Le libéralisme en général, et donc en particulier en économie, pose la nécessité d'un ensemble de règles, et n'est donc ni un État naturel (qui apparaîtrait et se maintiendrait dans un contexte politique quelconque), ni une « jungle » anarchique.

Les principes ordinaires du libéralisme restent en vigueur :

  • propriété, sûreté, etc. ; 
  • l'égalité en droit : ce qui est permis à l'un est permis à tous les autres. 
  • et la liberté économique : l'autorisation est la règle, la restriction l'exception dûment motivée.

Quand il arrive que l'application stricte de ces principes aboutisse à une contradiction, on cherche un aménagement le plus souple possible, en gardant à l'esprit une certaine priorité évidente : Par exemple, la sûreté est non négociable, alors que la liberté économique peut facilement supporter des petites restrictions qui sauvegardent l'essentiel.

Ainsi, tous ces principes, et notamment les deux derniers, se complètent. Si un produit est dangereux, si une restriction doit être apportée à une activité en raison de ses nuisances, etc. Tous les producteurs doivent être traités de la même façon, sans considération d'antériorité, de caste, de lieu, etc. De même, au nom de l'égalité en droit, un agent économique n'est pas autorisé à refuser à l'un ce qu'il accorde à l'autre, alors qu'il est en mesure de lui fournir.

L'égalité en droit implique une interdiction des dispositifs discriminatoires :

  • fondés sur la nationalité ou le lieu de production, et donc du protectionnisme,
  • fondés sur la nature de la production, et donc des subventions aux producteurs.

Gestion de quelques problèmes concrets :

Les nuisances :

Il existe des cas où l'activité économique de certains nuit à d'autres. C'est évidemment le cas lorsqu'on exploite une ressource plus limitée que l'exploitation potentielle (limitée en entrée : pêche, mine ; limitée en sortie : polluants divers).

La solution libérale est alors de vendre le droit d'exploiter la ressource (concessions minière, droit à polluer, etc.), le produit de la vente étant redistribué à ceux qui auraient souhaité le faire mais ne le peuvent. Comme il s'agit en fait pratiquement de tous les autres, le plus simple est de verser la somme dans la caisse commune, comme une contribution aux charges communes de fonctionnement (tant que la ressource est renouvelable) ou seulement d'investissement (au-delà de la renouvelabilité de la ressource).

Une solution réglementée (régulée selon le terme anglo-saxon) est la réglementation : interdiction de polluer, obligation de réparer les pollutions. Selon certains théoriciens, et selon la plupart des acteurs politiques, il y a aussi nuisance lorsque l'activité (grâce à son importance ou à son extension) permet d'influencer d'autres activités. Pour éviter ces nuisances, on a observé :

  • des restrictions au droit d'interrompre temporairement l'activité (y compris limitation du droit de grève, du droit du « lock-out »), l'interruption totale n'étant par contre jamais interdite ;
  • au contraire, des protections au droit d'interrompre l'activité (reconnaissance du droit de grève et du syndicalisme) ;
  • inversement, des restrictions au droit d'étendre son activité (loi anti-trust, réglementation des concentrations) ou de la coordonner avec d'autres offreurs (loi anticartel, lois anti-syndicales) ;
  • l'interdiction des ventes liées ;
  • et même des opérations de « sauvetage » dérogatoires, lorsque c'est la disparition d'une activité qui aurait influencé négativement d'autres activités.

Ce point est l'un des plus discuté, car s'il n'est déjà pas simple de restreindre la liberté au nom des autres principes, il est encore plus difficile de toucher à la liberté dans le but de la sauvegarder. A noter que le libéralisme considère qu'une simple transaction commerciale entre deux individus ne nuit pas à d'autres, même si par le fait elle rend inutile d'autres transactions avec d'autres fournisseurs ou clients potentiels : la concurrence n'est pas une nuisance, car la situation des autres est inchangée.

Les externalités positives :

Il existe aussi des cas où l'activité économique de certains produits des bénéfices indirects pour d'autres (qu'on appelle souvent « passagers clandestins », par référence au cas bien connu du transport). Le libéralisme considère qu'il n'y a pas lieu de s'en préoccuper.

En effet, il appartient aux producteurs principaux de s'organiser pour obtenir une compensation librement acceptée des autres bénéficiaires, ou bien de se contenter de leur bénéfice. Si, à l'extrême, l'activité est déficitaire en elle-même, les producteurs ont encore la ressource de conclure une association avec les bénéficiaires indirects afin que la transaction globale redevienne positive pour tous.

Si cela aussi se révèle impossible, c'est que le jeu (le bénéfice total des participants) n'en vaut pas la chandelle (les efforts d'organisation) et que la valeur ajoutée de l'opération est en fait négative : il est donc normal qu'elle ne se fasse pas.

Autres recommandations :

Les recommandations de politiques économiques du libéralisme économique reposent sur un principe simple :

L’intervention de la puissance publique doit être limitée au strict nécessaire pour assurer le bon fonctionnement des institutions nécessaires à l'activité et aux transactions économiques. C'est donc essentiellement l'appareil juridique qui doit fonctionner correctement, les interventions législatives étant rares (le plus souvent pour constater que ce qui semblait au départ illimité devient en fait plus limité que le besoin, et qu'il faut donc mettre en place une adjudication pour l'accès) et les interventions du gouvernement encore plus.

L'État peut également jouer un rôle de certificateur en dernier ressort pour des informations cruciales (solidité économique des banques, État réel du patrimoine d'entreprises, validité de diplômes, normes techniques, voire normes sociales, etc.). Il dispose pour cela de l'arme absolue : le recours à la répression physique contre les manipulateurs.

Le libéralisme économique s'oppose aux barrières tarifaires et non tarifaires dans les échanges internationaux. A l'inverse, le libéralisme économique prône l'intervention de l'État pour maintenir les conditions de la libre concurrence, ou pour compenser les externalités négatives des activités économiques.

Ainsi, l'État devra intervenir pour s'assurer que les monopoles n'acquièrent pas un pouvoir de marché trop important, et poser des normes et des taxes limitant les activités polluantes et offrant des garanties et compensations suffisantes à ceux qui en souffrent (par exemple par des mécanismes de droit à polluer).


Histoire

  • XVIIIe siècle : les économistes physiocrates s'opposent au mercantilisme et dénoncent l'intervention économique de l'État ; leur formule est « laissez-faire, laissez-passer » ;
  • 1776 : dans « Richesse des nations », Adam Smith évoque la « main invisible » ; développements au XIXe siècle (Jean-Baptiste Say, John Stuart Mill, etc.) ; État minimum, défenseur de l'initiative individuelle et de la propriété privée ; théorie suivie également par Ricardo et Malthus ;
  • Une des premières critiques du libéralisme économique a (peut-être ?) été celle de John Ruskin avec son essai Unto This Last. Cette critique a été reprise par Gandhi ;
  • À la fin du XIXe siècle, Karl Marx élabore une critique du libéralisme dans Le Capital ;
  • XXe siècle :les deux grandes tendances du libéralisme :
    • L'encadrement du libéralisme économique par des institutions juridiques et politiques. 1936, John Maynard Keynes, « Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie », soutient la nécessité d'une intervention de l'État après avoir été un partisan de l'économie pure. Mais il n'est pas le seul ;
    • Ludwig von Mises, Milton Friedman, Friedrich Hayek... contre l'interventionnisme de l'État, retour aux sources du libéralisme ;
  • Depuis les années 1980, on assiste à une grande diffusion des idées libérales, à gauche comme à droite : monétarisme, triomphe des socio-démocrates sur les tenants du socialisme historique. Au sein de la discipline économique, compromis sur l'échec de la planification, et sur la nécessité de régulation des marchés ;
  • XXIe siècle : l'alter mondialisme (pensée opposée au libéralisme économique) à la recherche d'une alternative au libéralisme économique via par exemple la Taxe Tobin promue par ATTAC, se développe sous l'impulsion de nombreux économistes, même si elle est loin d'être majoritaire.

Aspects controversés du libéralisme économique :

Une métaphore qui revient souvent à ce sujet est celle des renards libres dans un poulailler libre, ou bien celle de la jungle économique. Les reproches avancés sont les suivants :

Il permet la spéculation sur les monnaies

Le libéralisme les permet en droit.

De toute façon, aucun système politique n'est capable d'empêcher la spéculation. Il semble même que plus un système cherche à l'empêcher, plus elle est développée, lucrative, et ses profits captés par les truands faute de traçabilité des flux financiers. La France a suffisamment payé pour le savoir, avec le trafic de piastres ou avec le franc CFA, même si les Français l'ignorent ou l'ont oublié.

La spéculation est un sujet controversé, et celle sur les monnaies répugne particulièrement aux nationalistes.

Certains théoriciens la justifient économiquement. Au moins un théoricien (J. Tobin) à l'inverse émit l'hypothèse qu'elle était préjudiciable et qu'elle devait être maîtrisée (mais pas stoppée) par une taxe, mais il a par la suite abandonné cette hypothèse ; l'idée de la taxe a perdurée. La balance entre les bénéfices et les inconvénients d'un système de contrôle de la spéculation (comme la taxe Tobin) est très discutée, d'autant que cette balance devrait excéder les coûts économiques et sociaux qu'elle génère. En la matière, les considérations irrationnelles sont plus fortes que les arguments, de sorte que les deux camps échouent à convaincre. Le Libéralisme ne  permet pas aux pays un contrôle sur leur économie, confisque aux peuples leur pouvoir de décision.

 Cette critique suppose une assimilation entre peuples, pays, et organes politiques du pays (parlement, chef de l'État, etc.).

Pour les libéraux au contraire, cette assimilation est essentiellement fausse. Le peuple est une collection d'individus distincts qui ont le droit de ne pas être soumis à la collectivité (exactement comme les Alsaciens, tout germaniques qu'ils soient, avaient le droit de refuser l'assimilation dans l'Allemagne). Selon les libéraux, en ôtant le pouvoir aux politiques (les «politiciens»), on n'ôte pas le pouvoir aux peuples, on le leur rend.

Ensuite, chacun fait ce qu'il veut du pouvoir qu'il a récupéré, s'en servir sur le marché ou dans un autre cadre qu'il crée avec d'autres. Est-ce à dire que le marché (ou autre système librement accepté) est plus légitime et plus représentatif que le parlement ?

C'est bien fort, sans doute : la seule légitimité du parlement, un des fondements du « contrat social », c'est la libre transaction conclue entre les élus et les électeurs (ce qui est cohérent avec le libéralisme politique, et son aversion pour les régimes à parti unique, pourtant munis de parlements et autres organes du même genre, dont le caractère fictif provient justement de cette absence de transaction libre). Un système où une partie impose son point de vue aux autres ne saurait être plus légitime qu'un système où les parties négocient et obtiennent un accord commun. Il entraine la suppression des services publics.

Pour les libéraux, ou bien ces services sont bénéfiques (au maximum, rentable) à l'ensemble de la société, et ils subsistent (sous une forme privée), ou bien ils ne le sont pas et leur disparition est un bien, qui permettra de réallouer les ressources (gaspillées) à d'autres usages. Quant à savoir ce qui est utile, c'est essentiellement ce que les gens sont prêts à payer eux-mêmes, et non ce qu'ils sont prêts à faire payer à autrui. Ce qui est évidemment plus restreint...

Les différents protagonistes avancent souvent une comparaison des systèmes de santé France - États-Unis. Les uns déprécient le système américain, où l'espérance de vie est moindre qu'en France, et qui coûte bien plus cher que le système français (environ 15% contre 8 % du PIB).

Les autres rétorquent que l'espérance de vie, qui dépend essentiellement du mode de vie, ne dit rien sur la qualité du système de santé (le système américain dépendant du principe de rentabilité n'a pas d'objectifs de santé publique cohérent et global). Le coût supérieur n'est pas un problème collectif tant que c'est le bénéficiaire qui paye (d'un point de vue économique, il est néanmoins préférable d'avoir une population en bonne santé) ;

Au demeurant, le faible coût en France provient aussi d'un choix qui relève de l'échelle des salaires, par lequel depuis 25 ans on a augmenté ridiculement peu la rémunération des infirmiers et de certains professionnels, avec comme conséquence qu'ils se raréfient et qu'il faut, de plus en plus aller les chercher à l’étranger. Le système de santé français apparaît en crise et confronté à des choix difficiles (rembourser ou non un médicament douteux, ce qui est trop souvent un choix influencé par le lobby pharmaceutique que par des raisons médicales, ce n'est pas forcément les plus utiles qui sont le plus remboursés ou le problème de l'homéopathie et de la sur médication, il opte pour une solution médiane qui mécontente tout le monde) ;

La comparaison entre la France et les USA apparaît donc difficile en raison des objectifs différents de chaque système :

  • l'un est un secteur économique libéral, qui vise la fourniture d'un service et à un équilibre financier, le bénéfice des fournisseurs de soins.
  • l'autre est un secteur public, à visée de service public, la santé de la population.

La comparaison entre l'enseignement public et l'enseignement privé sous contrat en France, dont le contexte et les contraintes (programme, etc.) sont identiques, est certainement plus significative. Cette comparaison est faite en permanence par l'éducation nationale elle-même, en tenant compte de tous les facteurs (y compris donc la composition sociologique légèrement différente des deux populations) et conclu à une modeste (quelque %) supériorité de l'enseignement privé.

Celui-ci ne parvient pas à satisfaire la demande, en raison des contraintes que lui impose l'éducation nationale, juge et partie dans l'attribution des moyens. Tout cela crée un terrain favorable pour de véritables entreprises parascolaire (soutien, approfondissement), au bénéfice de ceux qui peuvent se le payer.

Il permet une répartition injuste de la richesse créée. Le libéralisme économique serait favorable aux déjà riches et défavorable aux plus pauvres, au sein des nations (entre classes sociales) et entre nations. En effet, les plus riches auraient les moyens d'investir dans un enrichissement futur, alors que les plus pauvres n'auraient pas ces moyens. Il en résulterait une paupérisation relative et même absolue des plus pauvres.

La réponse théorique libérale reste la même que pour la spéculation : aucun système politique n'est capable d'empêcher l'injustice et l'indifférence. Ils accusent même les systèmes qui cherchent officiellement à l'empêcher, de la développer au profit de pratiques politiques mafieuse, en montrant du doigt certains régimes politiques (URSS, Cuba, Corée du Nord, etc.).

Avec en plus toutes les pertes de conversion de la force politique en force économique, qui nuiraient à la richesse globale de la société, l'interventionnisme social serait au final contre-productif pour les plus pauvres. Sur le plan pratique, les libéraux renvoient aux exemples russe, indien ou chinois, où la répartition était au départ encore plus injuste, et où le progrès économique est plus rapide depuis leur libéralisation (sous le contrôle justement de l'État). Ce qui ne convainc pas nécessairement, les antilibéraux étant par avance certains que les progrès sociaux sont insuffisants par rapport à ce qui serait possible dans un autre cadre politique. Il ne serait qu'une mise en théorie d'un État de domination économique.

Les plus riches auraient intérêt à promouvoir cette doctrine, non pas par altruisme car elle leur aurait permis de s'enrichir, mais par égoïsme, parce que l'application de cette idéologie leur permettra de rester riche. Cet effet est évident, les pragmatiques adoptant selon leurs besoins le discours qui les arrangent.

Il est clair qu'un industriel peut-être simultanément partisan d'un libéralisme radical (s'il veut acheter un concurrent mal en point protégé), d'une certaine anarchie (s’il est question de lui imposer des procédés moins polluants mais plus chers), et du protectionnisme (pour protéger son marché d'un concurrent étranger). En soi, cette observation justifiée ne dit rien sur la validité de cette doctrine. Il laisse les agents économiques se comporter de façon sous-optimale.

Dans de nombreux cas, on ne prend pas l'initiative d'une action qui serait pourtant rentable pour tous : celui qui l'entreprend et la collectivité. Il est facile de trouver des exemples pratiques. Ainsi, en France en 2004, les systèmes de chauffage solaire de l'eau sanitaire sont rares, bien plus que leur rentabilité (souvent déjà suffisante, et qui s'annonce croissante) le laisserait espérer.

Des exemples théoriques sont également cités au niveau macro-économique :

L'économie peut se trouve dans un État qui ne satisfait personne (fort chômage, faible production et faible capitalisation) alors qu'un État bien meilleur peut parfaitement exister (emploi plus abondant, production plus forte et gain pour le capitaliste).

Ce problème est général et concerne tous les régimes politiques et économique, il est évoqué dans problèmes économiques.

 

Last modified on Monday, 15 October 2012 23:11

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